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Synthèses des conférences 2014

La place du Web dans la diffusion du court métrage d'animation | Conférence © D. Bouchet/CITIA

La place du Web dans la diffusion du court métrage d'animation

  1. Intervenants
  2. Modérateur
  3. Synthèse
  4. Question

Sommaire

Cette conférence aborde les effets que peut avoir la diffusion sur Internet en termes de création, d’esthétique et de position des auteurs et réalisateurs. Quelles sont la nature et les spécificités de cette fenêtre de diffusion ? Comment travaille-t-on avec le Web ? Quelle est sa place dans la création ? À travers différents exemples et initiatives, nos panélistes vont tenter de répondre à ces questions.

Intervenants :

  • Pascale FAURE
    Pascale FAURE

    Responsable des programmes courts et création
    Programmes Courts/CANAL+

    France

  • Nicolas THEPOT
    Nicolas THEPOT

    Réalisateur
    La Parisienne d'Images

    France

  • Ulrich WEGENAST
    Ulrich WEGENAST

    Délégué général Programme
    Programme Film & Medienfestival GmbH/ITFS

    Allemagne

Modérateur :

  • Laurent CROUZEIX
    Laurent CROUZEIX

    Délégué général
    Marché du film court Clermont-Ferrand/Clermont-Ferrand Short Film Market

    France

IFTS, Online Animation Library, festival du court métrage de Clermont-Ferrand, My Animation TV, diffusion Internet, droits exclusifs, L'Œil de links, Animirus, courts métrages, speedruns, stratégies de distribution

Synthèse

Pascale Faure est responsable des programmes courts à CANAL+ et coproductrice de L’Œil de links, un magazine hebdomadaire de 26 minutes consacré à la créativité sur le Net, diffusé sur le Net et à la télévision. Son réalisateur, Nicolas Thépot nous en parle : "c'est un magazine collaboratif dans le sens où l'internaute fait remonter du contenu à partir duquel nous faisons les émissions. Le but est d'aller à la rencontre des créateurs et de présenter leurs productions originales, comme The Elephant's Garden de l'animateur tasmanien Felix Colgrave, qui fait évoluer ses personnages dans un univers irréel et psychédélique."

Il nous présente les travaux de Sam3, Cyriak, ou encore Animirus, une série qui raconte sur un ton humoristique l'histoire de mythes ayant leur origine dans la religion et la culture. Produite par 1A4 Studio, fondé il y a 5 ans en Russie, Animirus subit beaucoup de censures en Russie, et ne s'exporte pas bien dans les pays occidentaux, sauf pour les speedruns, très impopulaires en Russie, dont le principe est de raconter des blockbusters américains en 1 minute.

Ce regroupement de créateurs indépendants n'a pas de bureau qui puisse être confisqué ou fouillé. Tout est produit à la maison, ils font appel à des animateurs du monde entier, le réalisateur et animateur principal vit en Ukraine, leur unité de production est basée à Moscou. Nicolas Thépot explique que ce sont des pratiques courantes en Russie, les membres de 1A4 ne voulant pas créer quelque chose qu'ils puissent perdre.

Ulrich Wegenast est en charge du festival du film d'animation de Stuttgart. Il a commencé par l'art expérimental il y a 30 ans avant de se tourner vers le cinéma d'animation, qui l’intéresse pour l'indépendance de son modèle. "En 1998, nous avons commencé avec le festival à faire un concours Internet, mais après 2005, cela devenait très ennuyeux parce qu'il n'y avait plus de différence entre un court métrage d'animation normal et un court métrage d'animation diffusé le Web", nous explique-t-il.

Il présente deux initiatives du festival de Stuttgart.
L'Online Animation Library est un projet mené en partenariat avec la bibliothèque municipale de Stuttgart. Le but est de créer de l'animation en ligne pour ceux qui sont inscrits à la bibliothèque. Les utilisateurs peuvent venir à la bibliothèque et y regarder des films d'animation qui ne sont pas disponibles sur le Net. Ils peuvent aussi les regarder de chez eux. "Cela fonctionne, nous avons attiré 10 000 personnes en un an. Tous ces films sont sélectionnés par un comité de présélection, les gens savent donc que les documents contiennent un minimum de qualité", précise Ulrich Wegenast.

Ils produisaient aussi des films pendant le festival, mais ils n'arrivaient pas à développer une chaîne en même temps. Ils ont fait appel à My Animation TV (MAT), une plateforme commerciale expérimentée en promotion de contenus sur Internet qui s'appuie sur 40 000 fans et 40 millions de vues. Ulrich Wegenast relate : "avant de les rejoindre, nous avons lu en détail leurs résultats financiers. 50 % de leurs revenus proviennent d'Internet et 50 % des courts métrages. Pendant le festival, nous faisons beaucoup d'interviews, nous présentons des courts métrages et nous pouvons amener de nouveaux contenus. Nous proposons aussi aux créateurs d'utiliser nos plateformes. Si leur film est déjà sur YouTube, pourquoi ne pas le diffuser ailleurs ?"

Pascale Faure ajoute que les moyens de production et les prix sont différents sur le Web. Elle précise que les contenus pour la télévision ne sont jamais gratuits, tous les films qu'ils diffusent sont rémunérés, y compris pour L'Œil de links. "Il était incontournable pour nous d'avoir une émission qui relate toute la richesse que nous pouvons trouver en ligne. Nous sommes dans un bouleversement total de nos façons de travailler et de la manière dont nous arrivent les films. Nous regardons toujours où en est un film sur le Web quand nous l’achetons, et nous demandons des droits exclusifs avec des territoires précis. La nouvelle génération d'animateurs n'a pas la culture de la télévision exclusive. Leur but est de faire un maximum de vues, d’être connus et d'aller dans les festivals. Certains refusent d'enlever les films de leurs sites Web, quitte à les vendre moins chers, et beaucoup attendent que les droits s’arrêtent pour pouvoir reprendre leur contenu et le poster", déclare-t-elle.

Laurent Crouzeix pense que beaucoup de nouveaux réalisateurs font de l'autoformation et de l'autoproduction sur le Net et qu'ils ont du mal à déchiffrer le monde des festivals, la vie d'un film dans les mains d'un distributeur ou sa carrière quand il est diffusé sur des chaînes de télévision. En tant que programmateur du festival de Clermont-Ferrand, il est plus impressionné par les dizaines de milliers de gens qui viennent à Annecy que par les millions de clics sur YouTube.

Question

Comment procéder pour construire un public ?

Ulrich Wegenast : "Beaucoup de créateurs bossent sur le Web pour devenir anonymes, et de nombreux films qui ont du succès dans un festival n'en ont pas forcément sur le Web. Certains festivals refusent aussi des films qui ont déjà été diffusés sur le Net. Les écoles devraient donner des cours de stratégie pour utiliser le Web d'une bonne façon. Elles devraient promouvoir le Web. Certaines écoles ont un département des licences permettant de vendre les programmes des étudiants à des télévisions, à des organisateurs de festivals ou à d'autres distributeurs. Je conseille de surveiller les contenus qui peuvent très vite être viralisés."

Rédigé par Alain Andrieux, ITZACOM, France

Traduit par Sheila Adrian

Les synthèses des conférences Annecy 2014 sont réalisées avec le soutien de :

DGCIS     Ministère de l'économie, du redressement productif et du numérique      Région Rhône-Alpes

Conférences organisées par CITIA    CITIA

 

En collaboration avec le Marché du Film de Clermont-Ferrand    Sauve qui peut le court métrage

 

Contact : geraldinebache@citia.org

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